1. Conclusion

Ignorée de l’opinion publique et non dévoilée par les entreprises pharmaceutiques, la contrefaçon des médicaments existe réellement.

De nombreux cas ont été identifiés dans les pays en développement mais également dans les pays industrialisés.

Il n’est cependant pas possible de connaître avec précision son étendue ni même de réaliser des statistiques fiables puisque les découvertes ne sont vraisemblablement que la partie visible de l’iceberg.

Il est néanmoins possible de prendre conscience du danger que représentent les contrefaçons puisqu’elles sont généralement de mauvaise qualité donc toxiques voire mortelles.

Dans les pays industrialisés, les contrefaçons de médicaments semblent peu développées.

C’est le cas de la France où la commercialisation des produits pharmaceutiques est maîtrisée par les pouvoirs publics qui accordent un monopole aux pharmacien en échange de la garantie de sa qualité, conjointement à l’adoption de lois de protection du médicament et de la propriété intellectuelle

De plus, les pouvoirs publics se donnent les moyens de contrôler l’application de ces lois (en créant notamment l’Agence Française de Sécurité SAnitaire des Produits de la Santé) et de dissuader les contrefacteurs (en instaurant des sanctions pénales et civiles).

Les pays africains en voie de développement sont, quant à eux, beaucoup plus touchés par les contrefaçons.

Des facteurs d’ordre historique, géographique, environnemental, économique et politique expliquent une mauvaise organisation du système de santé liée au manque d’accessibilité des médicaments à la population.

De plus, ces pays mettent en place des systèmes législatifs mais n’ont pas les moyens de les faire appliquer et de les contrôler efficacement.

Il en résulte l’existence d’un marché parallèle illicite toléré dans lequel se multiplient les contrefaçons de médicaments.

Seules des initiatives individuelles permettent d’améliorer localement la situation, mesures bien évidemment insuffisantes pour lutter contre ce fléau.

Les entreprises pharmaceutiques désirant livrer bataille contre les faussaires, entament des poursuites judiciaires qui se révèlent peu fructueuses en l’absence de jurisprudences répressives et dissuasives attendues depuis les signatures de conventions internationales.

Enfin, l’Organisation Mondiale de la Santé (aidée sur le terrain par des associations telles que Pharmaciens Sans Frontières et la Centrale Humanitaire Médico-Pharmaceutique) s’emploie à trouver des solutions pour combattre la contrefaçon des médicaments.

Pour cela, elle améliore la disponibilité des médicaments essentiels génériques,

incite les gouvernements à prendre des mesures législatives contre les contrefaçons et sensibilise l’opinion publique aux risques que les médicaments contrefaits font encourir à la santé.


Cette thèse a été écrite dans le but de lutter, elle aussi, contre la contrefaçon des médicaments en permettant à ses lecteurs de comprendre son étendue, ses origines et ses dangers afin de ne plus rester indifférents à son existence.